Quel était l’objectif de l’atelier que tu as animé cette semaine à Ndjamena ?

L’objectif de l’atelier était de partir de l’idée à la scène, c’est-à-dire écrire un texte, le mettre en forme, le travailler et le performer. La première étape était de se poser la question de savoir comment on écrit un texte en partant de rien. On part du principe qu’on fait face à une situation de feuille blanche, c’est la situation de départ, c’est l’exemple que nous avons pris. Comment est-ce que on parvient à écrire même on arrive plus à écrire. Donc on essaye de partir de rien, en créant ce que j’appelle le champ d’écriture avec une thématique donnée. L’un des participants a donné le thème de l’aventure et on a pu avoir  un champ avec des mots comme expérience, départ, épreuve, difficulté, réussite, rencontre, partage, déception. Le constat que j’ai fait c’était que la plupart des mots avaient un rapport avec le départ. Pourtant l’aventure c’est beaucoup plus que ça. L’idée est d’inciter chez les participants à aller plus loin, au-delà de ce à quoi les gens peuvent s’attendre. C’est-à-dire c’est traiter une thématique de façon subtile, de faire en sorte que toutes les personnes qui nous écoute puissent se reconnaitre dans ce qu’on dit. On est arrivé à la conclusion que l’aventure ce n’est pas seulement le fait de partir mais que la vie en elle-même est une aventure. Chacun a essayé d’écrire sur sa propre aventure. Parler de ses expériences de façon subtile et spéciale. Ça c’est dans le fond.

Et sur le plan de la forme ?

Sur le plan de la forme on a vu comment s’opère la création d’une rime et comment est-ce qu’on parvient à trouver la rime adéquate. J’ai surtout rappelé aux participants les différents types de rimes. Mais aussi on est sorti du schéma conventionnel en emmenant les participants à jouer avec les sons et les mots de façon belle, mais qui ne sont pas référencés comme étant « conformes ». Sur le plan de la forme aussi on a joué avec les mots et on a vu ce que c’est que la punchline, les claquements, etc. Tout le monde a pu écrire un bout de texte qui nous a servi de base pour la phase pratique. Maintenant une fois qu’on a le texte écrit comment est-ce qu’on passe à l’oral ? Comment est-ce qu’on le performe? Qu’elle est l’intonation qu’on donne au début pour qu’on sente que c’est le début et qu’elle est l’intonation qu’on donne à la fin pour que l’auditeur sache que c’est la fin ? Tout ceci sur la base de la méthode DIVA Diction Intonation Volume Articulation qui nous permet de travailler un texte et de le rendre de la meilleure des manières. Après cela nous sommes  passés à la scène. Avec les candidats nous avons travaillé sur la présentation d’un texte une fois qu’on l’a mis en voix. Les participants ont aussi été édifiés l’attitude à avoir lorsqu’on monte sur scène, la gestuelle à adopter en fonction des thématiques, le déplacement sur la scène, la respiration, etc.

Comment as-tu  trouvé le niveau de ses participants ? 

La plus part des participants  étaient plus ou moins slameurs ou apprentis slameurs, c’est-à-dire qu’ils connaissaient déjà ce que c’est le slam. Mais je dois reconnaitre que c’était magique, il y avait plein de participants et ça me rend fier de ce que je suis venue faire au Tchad à l’occasion de cette coupe d’Afrique de slam poésie. Je ne regrette pas d’avoir fait ce voyage pour Ndjamena.

Comment vis tu cette participation à cette première édition de la Coupe d’Afrique de Slam Poésie qui s’achève le 11 novembre prochain?

Elle est juste magnifique. Le simple fait de voir à l’hôtel le nombre de candidats qui sont présents à Ndjamena nous donne un sentiment de victoire parce qu’au départ on avait un peu peur. La coupe d’Afrique de Slam réunie plus de compétiteurs que la coupe d’Afrique des nations de football et du coup c’est toujours un moment chargé d’émotions, l’occasion  de rencontrer des slameurs qu’on a  jamais vu. Il y a plein de slameurs avec qui nous avons  été sur d’autres fronts et de les revoir à Ndjamena c’est juste extraordinaire. C’est beau aussi de constater l’engouement qu’il y avait autour de cet atelier c’est touchant car si c’était à Yaoundé on aurait eu juste une dizaine de participants  pourtant ici à Ndjamena ils sont près d’une trentaine de personnes qui sont venues juste pour du slam, ça fait chaud au cœur. Commencer mon Slamthérapie Africa Tour par le Tchad me réconforte et me rassure que le Slam y arrivera. Vivement que mon passage dans les autres pays puisse être aussi beau.

Propos recueillis par Ebah Essongue Shabba, envoyé spécial à Ndjamena.

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