On le surnomme le « Che Guevara » africain. Thomas Sankara, icône de la lutte anticolonialiste, est mort le 15 octobre 1987, il y a 31 ans, au Burkina Faso. Il a été assassiné avec douze autres personnes, lors du coup d’Etat mené par son ancien bras droit Blaise Compaoré.
Le pays de l’homme intègre
Thomas Sankara n’a que 33 ans quand il prend le pouvoir en Haute-Volta, une ancienne colonie française d’Afrique de l’Ouest. En 1984, il change le nom du pays pour le faire correspondre à ses racines africaines. C’est ainsi que la Haute-Volta devient le Burkina Faso, le « pays des hommes intègres ».

Le leader met fin à une série de privilèges des ministres burkinabés et veut atteindre l’autosuffisance alimentaire, dans un pays où la population est à 90% issue de l’agriculture : « Il n’est pas normal qu’ici, à 90% de cultivateurs et de paysans, nous ne soyons pas en mesure de nous auto-suffire », avait-il déclaré en 1985.

Lutte anticoloniale
Thomas Sankara veut aussi établir de nouveaux rapports de force avec l’ancienne puissance coloniale, la France de Mitterrand. Il n’a jamais ménagé le président français, toujours très attaché à la Françafrique.

Au point que, selon RFI, beaucoup ont vu la main de la France et de certains de ses alliés africains dans l’assassinat du bouillant « père de la révolution » burkinabé.

Déclassification
La chute de l’ex-président, Blaise Compaoré, en 2014 lève le tabou sur cette affaire.

Lors d’une visite sur le sol burkinabé en novembre 2017, le président français Emmanuel Macron avait affirmé que « les crimes de la colonisation européenne sont incontestables », appelant à une « relation nouvelle » avec l’Afrique.

Emmanuel Macron avait aussi promis, à cette période, de procéder à la déclassification complète des documents concernant l’affaire Sankara.

Un site dédié à la mémoire de Thomas Sankara annonce que les documents classés défense seront remis en novembre 2018 à un juge burkinabé.

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