J’aime les livres, j’aime tenir un livre, et dans le silence, et dans une ville, me laisser prendre dans le pouvoir évocateur des mots, des phrases, des histoires. J’aime les beaux livres. Je n’y résiste pas lorsque j’entre dans une bonne librairie ou quand en  déambulant, je tombe sur un marchant de rue de « Librairie au poteau ».

C’est depuis l’enfance, à l’âge de 15 ans étant collégien à St-Michel, que j’aimais le soir à 18 h prendre le temps de faire un tour en face de l’ancien cinéma ABC à Nkololoun, et feuilleter des livres, des magazines. Et puis à 17 ans, j’ai connu les odeurs de livres dans la grande bibliothèque des moines de Koutaba. Durant de longues heures, et dans une prière silencieuse, j’entretenais une conversation avec de grands écrivains.

Un beau livre attire. Cela commence par la couverture, le graphisme de la couverture, la typographie des signes, l’image qui nous ouvre la porte d’un livre.

Le livre qui est un propos se repose avant tout sur la manière avec laquelle on utilise l’alphabet et d’autres signes pour ouvrir l’horizon et semer du sens dans la pensée du lecteur, l’amener en voyage. Pour cela, le livre doit être lisible, être une musique de phrases, de succession d’images de paysages évoqués. Et des silences.

Lorsqu’un bon éditeur prend soin de définir son identité en conversant avec les auteurs qu’il défend,  il peut produire de beaux livres, et ces livres là ne trompent pas.

Le matin du 8 mai 2018, de passage à Yaoundé, j’ai fait une visite sur le site du salon international du livre. Comme j’aime prendre plaisir à voir ce qui est publié, j’ai parcouru les stands des éditeurs locaux. Au bout du compte, après avoir passé plus d’une heure à observer et feuilleter quelques ouvrages, je me suis dit que les éditeurs chez nous doivent apprendre, faire des efforts de produire de beaux livres pouvant se vendre sans complexe sur d’autres foires de livres dans le monde.

Chers éditeurs de chez nous, il est important que vous vous attelez à donner une identité à vos productions, que vos livres déjà attirent, que leurs contenus soient des forces magiques de l’alphabet qui nous portent à ouvrir d’autres horizons en nous lecteurs.

Faites de beaux livres car à travers le livre, c’est aussi des images de nous-mêmes que nous donnons à voir au monde.

Douala le 11 mai 2018

Par Hervé Yamguen, artiste plasticien, lecteur assidu.

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